Journée internationale du droit des femmes La famille Imbeault-Gauthier

Présentez-vous. Quelles sont vos occupations professionnelles ?

Nous sommes la famille Imbeault-Gauthier, composée de Sébastien, 32 ans, travailleur autonome en comptabilité et de Roxane, 30 ans, qui vient de Baie-Comeau et qui travaille pour Centraide, une organisation philanthropique autonome. Nous travaillons tous deux dans des domaines que nous aimons beaucoup. Nous sommes parents de trois beaux enfants; Jules, Arnaud et Violette, âgés respectivement de 18 mois, 2 ans et 5 ans.

Qu’est ce que le féminisme représente pour vous ? À quel moment votre côté féministe est interpellé dans votre quotidien ? 

Roxanne : Des femmes à la base et des hommes qui ont décidé d’agir sur les inégalités, mais aussi sur la place des femmes dans la société, sur leur émancipation, sur leur reconnaissance. C’est extrêmement large. C’est d’accorder autant d’importance à une femme qu’à un homme, mais aussi à un enfant qu’à un adulte. Bref, c’est de l’inclusion sociale. Je suis interpellée par le féminisme lorsque par exemple je vois dans les médias que dans certains pays, l’excision est encore pratiquée et que les femmes se font encore lapider et n’ont aucun droit. Le droit des femmes m’interpelle beaucoup.
Sébastien 
: Je partage beaucoup l’idée de Roxane. J’ajouterais à cela que l’on doit s’assurer qu’il y a un rapport égalitaire entre homme et femme, et par le fait même que l’un ne se croit pas supérieur à l’autre dans ses droits. Au quotidien, j’ai travaillé dans des milieux majoritairement féminins : comme serveur, dans des institutions financières, j’ai étudié dans des milieux tels que l’ergothérapie où c’est environ 100 filles pour 1 gars et j’ai pu constater l’envers de la médaille puisque même si j’étais minoritaire, je sentais tout de même qu’il y avait un traitement de faveur pour les hommes.

Appuyez-vous les différentes luttes féministes ? Si oui, comment ?

Sébastien : Le droit à l’avortement est présentement remis en question aux États-Unis et même chez nous, au sein du parti conservateur au fédéral qui veut relancer le débat. C’est une gang d’hommes à cravate majoritairement qui veulent se donner le droit de dire aux femmes quoi faire avec leur corps. C’est un non-sens pour moi. C’est la principale lutte féministe qui m’interpelle, malgré le fait que je me sente aussi concerné par la pratique de l’excision et de la lapidation dans certains pays. Par contre, j’ai l’impression que je n’ai pas beaucoup d’impact là-dessus, mais dans mon propre pays, concernant le droit à l’avortement, j’ai la chance de pouvoir me faire entendre grâce à mon droit de vote.
Roxanne : Lorsqu’on trouve qu’il y a une inégalité quelque part, ou nos droits sont brimés. Il faut juste le dire, il faut prendre la parole quand ça arrive. Il faut l’exprimer dans notre quotidien. C’est de cette façon que les gens à cravate changeront d’avis et qu’ils feront des lois plus inclusives en prenant compte le droit des femmes dans leur décision. Parce que si tous les jours on tait notre voix lorsqu’on aperçoit des inégalités, on leur donne raison. Nous devons concrètement prendre parole et agir tous les jours. Notre pouvoir, c’est notre voix.

Êtes-vous pour les quotas ?

Roxane : Je ne suis ni pour ni contre dans le sens que dans un emploi, c’est la personne la plus compétente qui devrait l’obtenir, que ce soit un homme ou une femme. Ce n’est pas grave.
Sébastien : C’est la réponse utopique. Les quotas ne devraient pas exister puisque ça devrait être la candidate la plus compétente qui obtient l’emploi.
Roxanne : Cependant, on se rend compte que c’est majoritairement des hommes qui ont des postes décisionnels..
Sébastien : En ce sens, les quotas sont inévitables afin d’assurer une représentation équitable de la population.

 Le féminisme est-il encore nécessaire de nos jours ? Pourquoi quels sont les enjeux ?

Sébastien : Plus que jamais, c’est toujours d’actualité. Les femmes autant que les hommes doivent soutenir cette cause.
Roxanne : Je suis d’accord avec Sébastien, c’est plus que jamais d’actualité. Parce qu’on se rend compte que le fossé se creuse toujours.
Sébastien : Les hommes n’ont jamais occupé une aussi grande proportion de postes de directions, de postes avec des responsabilités. La société doit laisser plus de place aux femmes, parce que ce ne sont pas uniquement aux femmes à faire tout le rattrapage.
Roxanne : Je lisais une étude d’Oxfam dernièrement qui affirmait qu’encore aujourd’hui, dans les couches de la société les plus pauvres, ce sont les femmes monoparentales qui occupent les premiers rangs au Canada. Pourquoi ? Il y a un mouvement de société présentement et je crois qu’il y a quelque chose à faire pour les aider afin que ces femmes monoparentales ne se retrouvent pas seules avec toute la charge familiale.

Selon vous y a-t-il des jouets plus pour les filles et plus pour les garçons ?

 Sébastien : Oui, il y en a, mais ce n’est pas grave. Si mon fils joue avec une poupée rose, ça ne me dérange pas et si Violette joue avec des camions, c’est correct aussi. D’un point de vue marketing, les poupées ont été conçues pour attirer les petites filles. Lorsque mes garçons jouent au bébé, ou à la cuisinette, ça leur apprend de belles valeurs importantes comme l’attachement et prendre soin des autres.
Roxanne : Dû à la composition de notre famille (2 garçons et 1 fille), nous avons toutes sortes de jouets à la maison. Moi ce qui m’inquiète un peu plus c’est une famille qui a juste des filles ou juste des garçons et que les jouets sont extrêmement genré. Ce n’est pas normal et pas représentatif de la vie. C’est important de mettre nos enfants en contact avec toutes sortes de jouets et d’être diversifié parce que différents jouets leur apprennent différentes choses aussi importantes pour les garçons que pour les filles.
Sébastien : En tant que parent on ne doit pas interdire à nos enfants de jouer avec certain jouet en lien avec le genre attribué par le marketing de la compagnie derrière sa conception.

C’est comment élever des enfants en 2019? La répartition des tâches en 2019 et dans votre demeure?

Roxane : La fameuse charge mentale qui défraie les manchettes dans l’actualité ces temps-ci. Dans un couple sain, c’est important de le dire quand il y en a un qui trouve qui a plus de charges que l’autre. Les tâches se répartissent selon les intérêts, Seb cuisine parfois et moi je passe l’aspirateur. Au quotidien, on se partage bien les tâches. Honnêtement la plupart des petites affaires dans la maison, s’assurer que la maison soit rangée et en ordre, c’est moi. D’un autre côté, je ne passe jamais la souffleuse.
Sébastien : Depuis la naissance des enfants, j’ai participé et je participe encore également à toutes les tâches, les changements de couches, les bains, le biberon, etc. Dans la maison, selon moi, les taches sont très bien reparties entre nous, 50-50 même je dirais. Par contre, c’est vrai que je laisse un peu plus la charge mentale à Roxane.

Pour revenir à la première partie de la question, je dirais qu’élever des enfants en 2019 c’est amusant. C’est le futur qui m’inquiète un peu plus par rapport aux réseaux sociaux, au cyberbullying, à la drogue, au sexe, etc. Comment nous en tant que parent, on va gérer ça? C’est des inquiétudes et des interrogations qui demeurent présentes.
Roxane : Je suis vraiment loin d’être une personne anxieuse. Par contre, l’avenir quand nos enfants vont être ados, c’est un peu épeurant ! Parce qu’on regarde ce qui se passe aujourd’hui versus ce qui se passait il y a 15 ans, ça tellement changé ! Malgré qu’il y ait beaucoup de choses qui sont demeurées pareilles, la drogue, le sexe, le rapport a son corps. C’est l’accès qui a énormément changé grâce aux réseaux sociaux. On trouve déjà que c’est un fléau et on ne s’imagine pas de quoi ça va avoir l’air dans 15 ans. Ce côté-là honnêtement, c’est épeurant ! Les réseaux sociaux, ce n’est pas la tasse de thé des jeunes parents.

Quels sont les enjeux féministes dans l’éducation de vos enfants ?

Roxanne : C’est de s’assurer une certaine équité. De s’assurer que mes garçons respectent les filles, mais aussi que notre fille respecte son corps et qu’elle se dise qu’elle a autant de valeurs qu’un gars.
Sébastien : Un des enjeux, c’est de s’assurer que nos enfants peuvent faire ce qui les rend heureux dans la vie. Si Violette veut devenir astronaute ou mécanicienne, ou si Arnaud veut être coiffeur, qu’ils sachent tous les deux qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent peu importe leur genre. On doit s’assurer que nos garçons respectent les filles et que notre fille se respecte comme le disait Roxanne, et qu’elle sache dire non quand c’est nécessaire.

On sait que l’adolescence est une période intense au niveau des émotions et surtout de l’amour. Des premières fois de tous les horizons, relationnels, sexuels, etc. En ce sens, quels conseils donneriez-vous aux ados d’aujourd’hui ?

Sébastien : Prendre son temps et ne pas se mettre de pression avec la sexualité, les rapports interpersonnels. Quand tu vis une passe difficile, parles-en à quelqu’un de confiance. Les années scolaires, ça représente un petit moment de notre vie, mais il y a autre chose après.
Roxanne : Essayez des choses! C’est le moment de vous découvrir de vous assumer! Les filles, respectez-vous, votre physique, mais votre mental aussi. Entourez-vous de modèles féminins positifs et arrêtez de vous traiter de noms. C’est là que ça commence le féminisme. Réglez vos différents avec des mots et non avec vos poings.

Auteur: Mariétou Frédérique Timbely, Charlie Martineau, Véronique Beaudin
Photographe: Maxyme Beaulieu, John-Edward Prada
Correction: Marie-Ève Duclos

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